Quand l’Etat organise un exercice PPMS le jour des élections de parents…

 

Extrait de PARIS NORMANDIE – VENDREDI 13 OCTOBRE

Pendant un précédent exercice PPMS, les enfants d’une école se cachent sous les tables (photo archives PN)

Ce vendredi 13, tous les établissements scolaires de l’Eure et de la Seine-Maritime participent à l’activation de leur Plan particulier de mise en sûreté (PPMS). Pour la seconde année consécutive, il s’agit d’une simulation de menace terroriste.

« Certains chefs d’établissement se croient au GIGN ! », lance Claire-Marie Feret, co-secrétaire académique du Snes-FSU, en se référant au scénario d’un lycée de la région de Rouen avec des « assaillants déterminés à faire le plus de victimes possible. Les élèves devront fuir, ou se coucher par terre pour se cacher et essayer de trouver de quoi secourir une victime potentielle… C’est ce que l’on peut lire dans les documents préparatoires… »

Si le Snes-FSU n’est pas opposé à une « information des élèves sur les conduites à tenir, voire une formation des adultes », il estime « irresponsable et contraire à l’éthique des enseignants, d’y confronter des enfants et des jeunes. Nul besoin de préparer les élèves à vivre dans la peur ! En effet, s’exercer à une telle attaque, c’est cultiver la peur de l’autre, c’est briser le sentiment de sécurité que les élèves doivent éprouver à l’école, c’est souvent faire prendre conscience aux élèves et aux personnels qu’en cas de problème, aucune solution satisfaisante ne se présentera ». Tenter de fuir, se cacher ou mourir… Le Snes-FSU dénonce aussi les « dérives sécuritaires » observées dans l’académie et « qui n’ont pour la plupart aucun effet, si ce n’est un affichage et une communication censée rassurer les usagers. »

Prérentrée à Val-de-Reuil

Il y a quelques semaines, le syndicat d’enseignant Unsa Rouen avait contesté un exercice-attentat organisé le 1er septembre, jour de la prérentrée, au collège Alphonse-Allais de Val-de-Reuil : « Divers jeux de rôles destinés à créer une cohésion de groupe qui ont tourné au fiasco : cavalcade dans les couloirs, personnel en pleurs… Il faut dire que subir l’intrusion de policiers cagoulés, armés et simulant des détonations à l’aide de pétards est, dans la période actuelle, traumatisant », avait souligné le syndicat.

Les parents d’élèves, qui organisent aujourd’hui l’élection de leurs représentants dans le primaire et le secondaire (lire par ailleurs), sont eux aussi contrariés. Christian Huard de la PEEP76 pense que « cela ne va pas poser de problème car il y a moins de monde à voter le matin. On aurait quand même pu y penser avant. Le rectorat aurait pu prévenir la préfecture des élections ».

La FCPE76, par la voix de Dorothée Avet, est plus remontée : « Malgré notre demande de report de cet exercice auprès de la préfète, nous n’avons pas eu un retour satisfaisant. En effet, cette date a été calée avant la parution des documents officiels. Cependant, chaque année, les élections de parents se déroulent à cette période et il est fort regrettable que l’État ne facilite pas l’expression de la démocratie scolaire. C’est un signe de mépris évidemment pour les partenaires de la communauté éducative que nous sommes ».

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